Une Charte des bonnes pratiques de l’escalade dans le Lot

Thématique : ressources naturelles et patrimoine

Porteur de projet : Parc Naturel Régional des Causses du Quercy
(Syndicat départemental à vocation environnemental)
Territoire concerné : Département du Lot
Coût de l’opération : n.c.
Année de mise en œuvre : 2011
Pour en savoir plus :
Site internet
Téléphone : 05 65 24 20 50
E-mail

1. Résumé du projet

Afin de préserver ce patrimoine naturel exceptionnel que sont les falaises lotoises, une démarche peu courante rassemble depuis 2006, représentants de l’activité escalade, associations de la protection de la nature, collectivités locales et services de l’Etat.
La démarche a été initiée par l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et le Parc naturel régional des Causses du Quercy. Elle s’appuie sur un groupe de travail rassemblant tous les acteurs locaux concernés par le développement de l’activité escalade et la protection de la nature.

Courant 2007, ce groupe de travail produisait une première proposition de texte de Charte de bonnes pratiques et décidait de la mise en place de certains outils comme l’état des lieux pré-équipement. Ces outils ont été construits et testés avec des clubs volontaires, et validés fin 2009 par le groupe de travail.
Depuis début 2010, la Charte des bonnes pratiques de l’escalade dans le département du Lot est validée par tous les partenaires ; elle est officiellement signée depuis le 17 septembre 2010.

Signataires de la Charte des bonnes pratiques de l’escalade : le Comité départemental FFME 46, l’État, représenté par le Préfet du Lot, Lot-Nature, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, le Conservatoire Botanique National des Pyrénées et de Midi-Pyrénées, le Parc naturel régional des Causses du Quercy, le Conseil Général du Lot.

Publics visés : grimpeurs affiliés ou non à des clubs d’escalade départementaux

2. Objectifs

L’objectif est d’accompagner les grimpeurs lotois dans la prise en compte des enjeux environnementaux des falaises avant l’équipement d’un nouveau site d’escalade, et dans le cadre de cette démarche, de soutenir et valoriser le développement de l’activité escalade.
Cette opération se formalise par la signature d’une Charte des bonnes pratiques de l’escalade pour l’ensemble du département du Lot, dans laquelle il est notamment prévu :

  • que tout nouveau projet d’équipement d’un site d’escalade fasse l’objet d’un état des lieux de son patrimoine naturel et que l’équipement prenne en compte les éventuelles préconisations de cet état des lieux ;
  • qu’un accompagnement soit proposé si nécessaire pour ces nouveaux projets d’équipement afin de faciliter le conventionnement des sites avec les propriétaires ;
  • que l’ensemble des partenaires valorise la démarche auprès de leurs réseaux ;
  • que des actions communes de communication et de sensibilisation soient réalisées afin de mieux faire connaître tant le patrimoine naturel des falaises, que l’activité escalade.

3. Moyens mis en œuvre

Le Parc coordonne et anime la mise en œuvre de la Charte, il coréalise également les états des lieux pré-équipement en collaboration avec l’ONCFS (et en présence des grimpeurs).

→ Parc : Coordination/animation/coréalisation des états des lieux pré-équipement par la chargée de mission patrimoine naturel du Parc - Temps de coordination : 3 jours/an de 2010 à 2013 ; Coréalisation des états des lieux pré-équipement : 3 états des lieux réalisés en 2010, soit 6 jours. Pas d’états des lieux réalisés les années suivantes.

→ ONCFS : coréalisation des états des lieux pré-équipement avec le Parc par 1 agent technique

3 états des lieux réalisés en 2010, soit 1,5 jours de terrain.

4. Résultats

Seulement 3 états des lieux pré-équipement ont été réalisés alors que davantage de voies d’escalade ont été ouvertes depuis la signature de la charte, sans que le nombre soit connu.
A noter également que les projets de création de nouvelles voies ne sont pas connues.
Malgré tout, le suivi ornithologique des espèces rupestres est réalisé annuellement par les agents de l’ONCFS et des bénévoles de la LPO Lot. Aucun indice de perturbation n’a été enregistré et les effectifs d’oiseaux rupestres sont stables.

5. Clés de réussite

Mise en relation des différents acteurs pour une appropriation des enjeux et objectifs de chaque partenaire.
Les 3 états des milieux pré-équipement réalisés en 2010 ont permis, grâce au diagnostic écologique, de concilier activité escalade et maintien des espèces rupestres patrimoniales présentes, en décalant la période d’utilisation des voies notamment, afin de permettre aux oiseaux nicheurs de poursuivre leur cycle jusqu’à l’envol des jeunes.

6. Difficultés rencontrées

Après la signature de la charte en 2010, la mise en œuvre s’est avérée difficile.
Depuis 2010, 3 états des lieux pré-équipement ont été réalisés, bien que davantage de voies d’escalade aient été équipées dans le département et sur le Parc.
Un certain échec dans la mise en œuvre est donc à déplorer puisque des voies ont été équipées sans signalement de la part du CDME46 et sans qu’un état des lieux ne puisse donc être réalisé préalablement.

Des difficultés relationnelles entre les grimpeurs et les autres partenaires, le dialogue a été vite rompu. Pas de volonté des grimpeurs de s’approprier la charte malgré leur implication première par peur que la mise en œuvre de la charte induise des interdictions de création de nouvelles voies. Les grimpeurs craignent aussi une intrusion dans leur passion pour l’escalade et les conséquences négatives qui pourraient en découler.

7. Perspectives d’évolution

Stage réalisé en 2015 sur ce sujet pour établir les possibilités de reprise de dialogue et les outils à développer pour cette reprise

Dès 2016, il a donc été décidé par les signataires de la charte et par d’autres structures partenaires de déployer un outil commun de suivi de la biodiversité rupestre de manière à impliquer davantage toutes les parties :
Pour le déploiement de cet outil commun, il reste à établir :

  • premièrement, une méthode pour l’étalonnage des photos panoramiques, puis l’intégration des données naturalistes sur ces « fonds de carte ».
  • l’interface de partage sur internet avec les modalités d’accès aux données personnalisées pour que chacun puisse rentrer les données faune/flore rupestres.
  • la diffusion de l’existence de cet outil et dans un second temps son animation.

8. Éléments reproductibles ou transférables

Trouver des outils pour « parler » le même langage entre monde du sport et monde naturaliste → un outil commun de suivi de la biodiversité rupestre peut, peut-être, être un outil pertinent.