Un dragon dans mon jardin

Thématique : ressources naturelles et patrimoine

Porteur de projet : CPIE du Rouergue
Territoire concerné : Département de l’Aveyron
Coût de l’opération : n.c.
Année de mise en œuvre : 2011
Pour en savoir plus :
Site internet
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Téléphone : 05 65 61 06 57
E-mail

1. Résumé du projet

Les amphibiens sont le groupe qui est le plus en danger sur la planète. Les amphibiens sont de très bons bio-indicateurs de l’état de santé de l’environnement : eaux et sols. De plus, les espèces d’amphibiens sont peu nombreuses et faciles à identifier : il en existe 13 espèces en Aveyron sur les 38 identifiées au niveau national.

Cette campagne, intitulée « un dragon dans mon jardin » permet à chacun de s’impliquer, à titre individuel, dans la préservation des amphibiens. Ainsi, chaque personne intéressée peut dans ce cadre connaître, grâce à la visite gratuite d’un animateur du CPIE compétent en batrachologie, la valeur patrimoniale de sa mare et se voit également conseillée pour la gestion de celle-ci. Pas besoin d’un étang, un trou d’eau de quelques m2 suffit aux amphibiens.

La participation d’un grand nombre de CPIE à cette action permet à de nombreux concitoyens de contribuer à la protection de ces espèces en de multiples endroits, de donner des conseils sur l’aménagement paysager des mares ou la relâche du poisson rouge dans les lavognes, gros prédateur des larves d’amphibiens.

Sur le plan scientifique, cette campagne s’est complétée d’un inventaire spécifique pour mieux connaître la dynamique des populations de ces espèces, dans le cadre d’un partenariat national avec le Muséum National d’Histoire Naturelle et régional avec la Société herpétologique de France.

2. Objectifs

Animation d’un programme de sensibilisation en direction des populations et acteurs régionaux et des actions de protection des milieux favorables aux amphibiens via l’implication citoyenne et les sciences participatives.
Permettre la participation et l’implication de la population et des acteurs locaux (collectivités, associations, établissements scolaires, agriculteurs et autres socioprofessionnels) dans l’identification et la conservation des espèces d’amphibiens et des biotopes aquatiques et terrestres, avec :

  • la création et le développement du programme de participation citoyenne aux sciences de la nature : « Un dragon dans mon jardin », avec un inventaire permanent des amphibiens.
  • les conseils, appuis techniques et suivis pour la création de mares et la préservation et la restauration des milieux lentiques et du petit patrimoine lié à l’eau spécifiques à chaque région.

3. Moyens mis en œuvre

Des supports de communication ont été réalisés :

  • 5000 posters « Les amphibiens de l’Aveyron », 2 000 affiches « Wanted - Avis de recherche », 20000 dépliants « Les amphibiens de l’Aveyron » ;
  • Une exposition « Pomme de rainette : les amphibiens de l’Aveyron » présentant les 13 espèces présentes en Aveyron et leurs principales caractéristiques ;
  • des émissions radios ;
  • des articles de presse ;
  • des tenues de stands, des sorties, animations grand public ;
  • participation à Fréquence Grenouille, opération nationale ;
  • des animations scolaires ;
  • création de pages web dédiés.

Le CPIE du Rouergue est coordonnateur de ces observatoires pour les Amphibiens au niveau régional. Le projet a été labellisé « Observatoire Local de la Biodiversité » par l’UNCPIE, démarche nationale "Observatoire Local de la Biodiversité" reconnue par le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie comme contributrice à la Stratégie nationale pour la Biodiversité.

Cette campagne est relayée par le réseau des CPIE et son Union Nationale, avec une collaboration avec le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) et la Société Herpétologique de France (SHF), dans la mise en place d’observatoires régionaux des amphibiens à l’échelle du territoire national.

4. Résultats

  • Près de 300 données collectées dans le cadre de l’inventaire permanent en Aveyron, total retour d’enquêtes 2011-2015 : 1000 données sur Midi-Pyrénées.
  • Près de 2100 personnes sensibilisées par le projet en Aveyron dans le cadre d’animations grand public.
  • Près de 800 enfants, personnes, sensibilisés par le projet en Aveyron dans le cadre scolaire.
  • Contribution à la connaissance des amphibiens qui sert d’indicateur pour établir des listes rouges d’espèces par exemple.
  • Données brutes transmises à différents partenaires et contribution à terme à l’observatoire de la biodiversité régionale.
  • Identification et suivi des populations et des batrachosites de la Région avec la réalisation d’inventaires permettant d’alimenter les bases de données de l’observatoire national sur les amphibiens en partenariat avec la SHF et le MNHN.
  • Permet aussi l’évaluation de travaux de restauration de mares.
  • Demandes de conseils, de documentation.

5. Clés de réussite

  • Intérêt important des particuliers pour des espèces qu’ils rencontrent régulièrement mais connaissent mal.
  • Intérêt des collectivités pour valoriser leur patrimoine et leur biodiversité locale.
  • Démarche suivie par d’autres structures dans le cadre d’un observatoire des amphibiens du Massif Central de 2011 à 2013 (11 structures) puis observatoire des amphibiens de Midi-Pyrénées (CPIE Pays Tarnais, CPIE Quercy Garonne, CPIE des Pays Gersois, LPO Lot).
  • Cette opération est aussi menée par d’autres CPIE en France (plus de la moitié soit 40 structures) : bonne couverture nationale, appropriation des protocoles scientifiques de la SHF menés.

6. Difficultés rencontrées

  • Difficultés de détermination de certaines espèces, même sur photo : données non prises en compte dans l’inventaire permanent.
  • Regard sur les amphibiens parfois entaché de préjugés (gluants, sales, dangereux, etc.).
  • Les observations d’espèces difficiles à déterminer sont peu transmises par les dragonniers.
  • Dialogue nécessaire auprès du public pour limiter le dérangement et prévenir les manipulations (observateurs non titulaires d’autorisations de capture d’espèces protégées).
  • Le grand public a parfois du mal à transmettre l’information en se disant "ça ils connaissent sûrement déjà, donc cela ne servira à rien de leur dire".
  • Pérennité de l’engagement participatif (essoufflement des participants).
  • Pérennité de financements de la démarche.

7. Perspectives d’évolution

Le projet existe depuis 2011 et a été poursuivi jusqu’en 2015 dans le cadre de l’observatoire des amphibiens de l’Aveyron et de Midi-Pyrénées.
Dès 2016, il va être poursuivi par les CPIE sous une forme nouvelle, plus large, dans le cadre d’un Programme régional de connaissance et de sensibilisation sur les mares et les amphibiens en Midi-Pyrénées et ce sur tous les départements de Midi-Pyrénées.