Un bus qui change la vie locale

Nom de la collectivité : Communauté de communes de Decazeville Aubin

Statut de la collectivité : Communauté de communes

Thématique : Réagir au changement climatique

Situé au Nord Ouest de l’Aveyron, entre Quercy et Auvergne, ce bassin de 17000 habitants est à 39 km de Rodez et de Ville franche de Rouergue, 160 km de Toulouse.
Bassin minier et métallurgique prospère du début du 20e siècle (9000 emplois), sa jeune ville centre, Decazeville, est créée au milieu du 19e siècle à partir des besoins de l’industrie.
Autour de la première exploitation minière européenne à ciel ouvert et souterraine, les cinq communes urbaines du bassin comptent alors 36 300 habitants. La main d’œuvre étrangère y est nombreuse, l’activité sociale intense.
Le bassin a connu l’abandon des mines souterraines en 1966, l’arrêt de l’industrie sidéro-métallurgique et la fin d’activités de la plus grande exploitation minière à ciel ouvert de France, en 2001.
Malgré les moyens européens, nationaux et régionaux successifs consacrés à sa reconversion, le Bassin a bien connu le coût écologique, social et économique d’un développement non durable.
Forts de la vive mémoire sociale et industrielle locale, les élus locaux ont privilégié, pendant 2 ans, l’étroite participation de la population au renouvellement des perspectives du territoire, dans le cadre de l’élaboration d’un Agenda 21.
Tout le bassin s’est exprimé : diagnostic des élus, et du Conseil de Développement (97 membres : chefs d’entreprises, syndicats, associations, élus et partenaires associés : CAF, Centre Social, agences de développement, ...), recueil des perceptions de la population, (18% de retours au questionnaire très pédagogique envoyé à 8200 foyers, et relayé par les commerçants), animations régulières…
Très mobilisateur des aspirations et des énergies d’une population très attachée à son territoire et à son histoire, cet Agenda 21 vise résolument à renouveler les sources d’attractivité du Bassin : diversification économique, renouvellement de la cohésion sociale et culturelle, et reconquêtes écologiques (ex : réhabilitation des sites pollués, quartier chauffé aux noyaux de fruits).
Le besoin de transport à l’échelle du Bassin (3 étroites vallées, 83 km2) a été fortement souligné par la population. Qu’il s’agisse d’une alternative à la voiture particulière ou de permettre à 30% des foyers dépourvus de moyens de locomotion de se rendre à Decazeville, qui centralise historiquement commerces et services, un nouveau service a enrichi la vie du Bassin.

Répondre aux besoins sociaux (30% de la population captive) et inciter à l’usage de transports en commun comme alternative à la voiture particulière

Le TUB, Transport Urbain du Bassin
Après étude des besoins locaux par un Bureau d’Etudes spécialisé, un Plan Global de Déplacement a été adopté en 2006, et visait :
-  La création d’une ligne de bus fixe, adaptée et souple,
-  La mise en place d’un Transport à la demande,
-  La création d’un aménagement cyclable pour les déplacements quotidiens,
-  Le développement d’actions en faveur des piétons et des personnes à mobilité réduite,
-  La hiérarchisation de la voirie, du stationnement,
-  Des choix d’urbanisation intégrant la mobilité induite.
Un agent dédié à la mobilité a été recruté.
Un minibus acheté par la Communauté de Communes, exploité en Délégation de service publique par une société privée après appel d’offre.

Début 2008 la ligne d’un minibus très coloré a été mise en service :
-  Desserte des 5 communes sur un circuit de 25 km comportant 34 arrêts,
-  14 trajets (7 aller retour) de 7h à 19h00,
-  66 places dont 4 emplacements pour usagers à mobilité réduite et un emplacement UFR,
-  0,20 € le trajet (1€ les 6, 4€ par abonnement mensuel),
-  Contractualisation avec le Conseil Général et le Conseil Régional (TER) pour maintenir le tarif du TUB spécifiquement à ces usagers,
-  Aménagements d’abribus dans les communes.
Fin 2008, le bus accueillait 4 fois plus d’usagers que prévu : 1000 passagers/semaine (prévisions de 1000 passagers/mois).

Son utilisation est en progression régulière depuis sa mise en service :
-  203 voyages/jour en 2008
-  215 en 2009
-  239 en avril et mai 2010
Les usagers et non usagers sont régulièrement consultés : de nouveaux arrêts ont été intégrés, des horaires aménagés, notamment en fin de journée.
Après identification des besoins et trajets précis des usagers, la création d’une seconde ligne directe est envisagée.
Investissement : 245 000 €

Fonctionnement annuel :
185 000 € (ventes billetterie 5%, Communauté de communes : 95%)

Gains collectifs :
Optimisation des investissements publics dans la recherche d’une offre de transport combinées (TUB+TER)
Élargissement de la clientèle des commerces et services
Volonté de maintenir les prix, étude de la mise en place du versement transports.
Après enquêtes, les premiers bénéficiaires de ce service sont les personnes dépourvues de moyen de locomotion. Les retraités abandonnent volontiers leur voiture pour les transports collectifs.
Travail particulier sur l’attractivité de l’alternative à la voiture particulière (dessertes, horaires, prix..) en limitant les émissions de Gaz à Effet de Serre.
Rupture de l’isolement de publics dépourvu de moyens de mobilité, à tarif très accessible, (30% de la population). Garantit l’accès aux services publics (concentrés à Decazeville).
Intégration des besoins des personnes à mobilité réduite.
Fort vecteur de cohésion et de lien social.
Mise en œuvre très participative : rapide appropriation du transport en commun.