La mobilisation des acteurs pour la promotion d’un tourisme durable

Nom de la collectivité : Parc naturel régional des Grands Causses

Statut de la collectivité : Parc Naturel Régional

Thématique : éco-consommation et leviers publics

Les Grands Causses, au Sud Massif Central, sont bordés à l’Est par les Cévennes, au Nord par la Vallée du Lot. Ils s’ouvrent au Sud sur les plaines Haut Languedoc et se prolongent à l’Ouest/Sud Ouest par les plateaux du Lévezou et les Monts de Lacaune.
Berceau du Roquefort et de ses filières amont-aval, traversé par le Viaduc de Millau et l’A 75, Le Territoire du Parc Naturel Régional, d’une superficie de 327 070 ha, comptent 97 communes du Sud Aveyron.
Avec le Parc National des Cévennes et le Parc Naturel Régional du Haut Languedoc, le PNR des Grands Causses contribue à l’organisation de l’un des plus grands espaces naturels d’Europe.
Créé en 1995 avec le soutien du Conseil Régional, le PNR est le fruit de la forte mobilisation d’une population et de ses élus, profondément attachés à leur territoire, à ses richesses naturelles, à son histoire, sa culture et ses traditions.
La deuxième Charte du Parc, son projet de territoire, a été adoptée en 2008 pour 12 ans, conformément au dispositif juridique encadrant les Parcs Naturels Régionaux.
A l’image du territoire et de ses Hommes, le projet visait essentiellement :
-  Le maintien de la qualité de vie, la protection et valorisation des richesses naturelles et culturelles remarquables
-  La cohérence d’un aménagement et d’un développement respectueux de l’environnement
-  L’organisation de dynamiques s’appuyant sur les profonds critères identitaires des Grands Causses

Mobilisant des financements européens, nationaux, régionaux et locaux, de nombreux travaux ont répondu à ces objectifs, notamment :
- Connaissance et gestion des milieux et espèces : Importants programmes de restauration des pelouses sèches et de leurs habitats (gorges et falaises) ; mise en place de programmes sur les principaux espaces majeurs « Natura 2000 » ; gestion des ZNIEFF, ZICO,.. inventaire et analyse d’espaces et espèces moins protégés.
- Connaissance et protection de la ressource en eau : Lourdes études hydrogéologiques de l’aquifère karstique (alimentent le territoire et l’agglomération de Millau en eau potable), Mise en place et surveillance de 47 stations de mesure des principales sources captées, appui à la mise en place des schémas d’assainissement sur l’ensemble des communes, entretien de 300 km de berges, gestion des tourbières et création/restauration des points d’eau, gestion intégrée des bassins versants...
- Assistance à la programmation et conseil aux communes au titre de la protection et mise en valeur des Paysages
- Veille et appui technique à la cohérence et compatibilité des documents d’urbanisme avec la Charte et le Plan de Référence du PNR (PLUs, cartes communales)
- Restauration du petit patrimoine bâti emblématique de l’histoire et de la culture

Le renouvellement de la Charte a été conduit dans le cadre d’une démarche Agenda 21, intégrant, au-delà des parties prenantes traditionnellement associées aux projets des PNR (Collectivités, corps intermédiaires : consulaires, associations...), le point de vue de la population, des communes, de porteurs de projets..., par enquêtes, débats publics, site web dédié...
S’appuyant sur un diagnostic technique précis du territoire, et l’évaluation des activités conduites dans le cadre de sa 1re charte, les propositions issues de la concertation ont enrichi la nouvelle Charte, structurée par nouvelle hiérarchie partagée des enjeux du territoire. Outre la poursuite du travail engagé, et dans le cadre d’une dynamique renouvelée, les activités du PNR répondent à de nouveaux objectifs :
-  Contribuer à la lutte contre le changement climatique,
-  Diversifier l’économie respectueuse de l’environnement : bois, métiers traditionnels du bâtiment, services à la personne, énergies renouvelables, tourisme, formation,
-  Renforcer l’attractivité territoriale dans le cadre d’une équité géographique et humaine,
-  Promouvoir la concertation et l’association du plus grand nombre dans l’élaboration et la mise en œuvre des projets locaux.
La nouvelle Charte du Parc prévoit notamment de privilégier la valorisation et l’attractivité du territoire dans le cadre de l’organisation d’un réseau de sensibilisation au tourisme durable dans les espaces protégés.

Impliquer les visiteurs dans le respect des richesses et fragilités du territoire.

Le PNR souhaite maitriser et adapter la fréquentation et les usages touristiques à la sensibilité des sites visités, à l’économie et à la culture des Grands Causses. L’organisation d’un tourisme éthique, promoteur et respectueux des identités et spécificités territoriales, appelle la mobilisation et l’adhésion de nombreux partenaires locaux, publics et privés.
Dans cette perspective, le Parc a choisi, dans un premier temps, de mobiliser les structures existantes sur les sites majeurs, « les Maisons du Parc » pour diffuser localement une commune culture touristique du territoire.

Définition d’une stratégie touristique commune aux « Maisons du Parc »

Le Sud Aveyron, qui compte de nombreux sites d’attractivité naturels et patrimoniaux, attirent 1 100 000 visiteurs par an.
8 structures d’accueil du public ont été progressivement créées au sein du territoire, avec le soutien technique du Parc et financier de la Région.
Ce sont des « Maison thématiques » prenant appui sur des ressources, sciences, techniques et mémoire locales, et qui participent à la promotion de spécificités patrimoniales locales :
-  La truffe
-  La cerise
-  La châtaigne
-  Les granges monastiques
-  Statues menhirs et L’enfant sauvage
-  La brebis et filière Roquefort
-  Les dolmens
-  L’eau dans le Sud Aveyron
-  … et l’ensemble du patrimoine naturel, paysager, culturel, agricole dans les locaux du siège du Parc.

Liés au Parc par convention, ces lieux d’interprétation du patrimoine sont soit des lieux de visites (expositions, scénographie, animations...) soit des lieux de vie et de passage qui invitent à la découverte du territoire de proximité (un sentier de découverte est généralement accessible depuis chaque site). Leur gestion et animation (parfois par des bénévoles) est assurée de façon autonome, propre à chacun d’entre eux.
Ces petites structures, conviviales et accessibles, fonctionnent de façon autonome, mais sans effet de réseau, en intégrant peu la dynamique du Parc.
Aussi, et pour construire un projet collectif, le PNR a-t-il proposé de prendre en charge une formation-Développement, confiée à l’ADEFPAT, à l’intention de l’ensemble des gestionnaires et animateurs de sites.
Accompagnement individuel (démarche de progrès) et collectif (commune valorisation d’un territoire singulier), cette aide à la construction d’une dynamique de réseau est menée en privilégiant l’active implication et participation des acteurs (les Sites eux-mêmes et le PNR).
La culture du Parc (Intégralité du patrimoine, projet territorial, sensibilité particulière à la protection des ressources..) cadre l’apprentissage du réseau. L’acquisition de compétences d’analyse (positionnement, évaluation, marketing territorial, évolution des comportements touristiques, capitalisation,..) y est privilégiée.

Après recueil des spécificités de chaque structure, un état des lieux a été synthétisé (statuts, fonctionnement, marketing, communication, animations, public et fréquentation, partenaires privilégiés, informations collectées et diffusées...)
Une analyse collective atouts/faiblesses de chaque structure est organisée in situ. A partir de sa synthèse, un accompagnement plus individualisé tend à faire identifier par chacun des gestionnaires et animateurs les axes de progrès propres au lieu d’accueil, tant dans sa propre gestion et animation que dans l’effet levier de la valorisation du Parc et de l’ensemble de ses « Maisons ».
Cet accompagnement dans la durée permet l’émergence d’une culture commune, de propositions de produits touristiques, et du concept de « relais du Parc », dont les conditions de réussite et les modalités d’organisation sont définies progressivement par l’ensemble des participants.
Produit des travaux de ce jeune réseau, un cahier des charges commun sera proposé par le groupe à la Commission Tourisme du Parc, base d’une contractualisation renouvelée entre le PNR et ses Relais, existants ou à venir (d’autres projets d’accueil et d’animation thématiques bénéficient actuellement du soutien du Parc).

Coût de l’accompagnement
 : 24 660 € (dont 23 860 € de subventions du FEDER et de la Région Midi Pyrénées)

Gains collectifs :

-  Dépenses de Formation-développement mutualisées
-  Recherche d’impacts multiples : professionnalisation des acteurs, dynamique territoriale collective, retombées économiques de proximité et à l’échelle du territoire du PNR...
-  Apprentissage collectif de la notion de tourisme durable (respect et valorisation des ressources, des hommes et de leur identité, viabilité des structures et produits...), appropriation préalable à la sensibilisation des visiteurs
-  Optimisation des fonds publics
-  Promotion de la valorisation des milieux naturels et culturels de l’ensemble du territoire
-  Consommation et production touristiques responsables
-  Facteur de cohésion sociale et territoriale
-  Qualité de l’accueil des visiteurs, et invitation au respect des choix de développement territoriaux
-  Formation-développement participative
-  Formation à l’auto-analyse et à l’évaluation